Cinéma

L’APESAF

invite les enfants qui viennent au soutien scolaire à une séance de cinéma gratuite le 10 avril 2026 à 18h30
dans la salle du Luberon
  31 Rue Giraud, 84120 Pertuis

Vous verrez un film nouveau

SUPER MARIO GALAXY

Rassemblement à 18h25 devant le cinéma

Sur les doigts

D’après son cahier de texte, Nour doit apprendre les tables de calcul par 2 et par 3. Aujourd’hui se sont les tables d’addition, avant les tables de multiplication. 2+1= 3, 2+2= 4, 2+3= 6. Non c’est faux, recalcule, Nour !

Elle lève ses mains, regarde sa main gauche et lève 2 doigts. Sur la main droite elle lève 3 doigts, et compte les doigts dressés sur les deux mains, « 5 ». Pour faire ce calcul, elle a compté sur ses doigts. Elle aurait aussi pu aussi utiliser des cubes, des jetons, des cailloux. Cailloux et calculs ont la même étymologie. Et les premiers calculs ont été fait avec des cailloux.

Ceci parait facile et simple au temps de l’AI, l’Intelligence Artificielle. Mais c’est oublier la leçon d’Alan Turing. Celui-ci est considéré comme l’un des fondateurs des techniques d’informations numériques.

Il est reconnu ainsi pour avoir publié en 1936 un article d’à peine une cinquantaine de pages « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem »[1]. L’Entscheidungsproblem, autrement dit le problème de la décidabilité, pose sur la question de savoir à quel moment et comment sait-on qu’un problème est résolu. Alan Turing imagine une machine composée d’une table intégrant différentes opérations de calcul et un ruban infini sur lequel sont inscrites différentes opérations à faire. Le ruban passe devant la table et la machine fait les opérations dans l’ordre inscrit. Ce dispositif a inspiré le logiciel qui est le ruban, et le processeur numérique qui fait les opérations comme la machine avec sa table.

Mais on a oublié le résultat auquel l’article parvient. La machine est capable de faire tous les calculs possibles, mais elle ne saura jamais à quel moment elle est arrivée au résultat souhaité, à quel moment elle pourra décider qu’elle a trouvé la solution du problème (C’est ce qu’on appelle le problème de la décidabilité). En comparant son calcul avec le résultat qu’elle obtient avec ses doigts, Nour y arrive très bien.

Le philosophe Karl R.Popper arrive par d’autres voies à un résultat équivalent. Dans une conférence qu’il a donnée le 20 janvier 1960 à la British Academy[2], il s’est interrogé sur la manière dont se déterminent le vrai et le faux. Au premier abord, la raison nous permet de faire ce partage. La rationalité nous aide à déterminer ce qui faux en nous permettant de voir ce qui est illogique, absurde.  Mais comment savoir qu’une proposition est vrai, et que ce n’est pas une proposition dont nous n’avons pas réussi à démontrer la fausseté. Les plus grands philosophes comme Platon ou Descartes ont coincés devant ce problème. Ils le résolvent en passant par Dieu. Dans les Méditations métaphysiques, Descartes ne sort du doute méthodologique qu’en faisant appel à Dieu pour déterminer ce qui est vrai ou faux. Le vrai n’est pas le rationnel, il y a un écart que nous devons sans cesse combler ce que ne sait pas faire seule la machine.

Depuis, philosophes et scientifiques n’ont cessé de réfléchir à ce problème. Certains, comme Kant proposent d’en rester à la solution de Nour. On compare le résultat du calcul avec la réalité expérimentale (les doigts levés). D’autres proposent d’en faire le résultat d’un consensus social. C’est que font les revues scientifiques à comité de publication. Ils soumettent les articles nouveaux à une assemblée de spécialistes qui détermineront si l’article dit une vérité.

Quoiqu’il en soit nous aurons toujours besoin de Nour entrainée à réfléchir et à comparer le résultat de sa réflexion avec l’expérience. La machine ne la remplacera pas. Elle ne sera pas capable de différencier résultats vrais et « fake news ».

On demande aux enfants des efforts importants pour à résoudre les problèmes et nous manquons toujours de bras à l’APESAF pour les aider dans cet apprentissage. Inscrivez-vous pour être bénévoles.


[1] Alan Turing, Jean-Yves Girard La machine de Turin (Seuil, 1991)

[2] Karl R. Popper Des sources de la connaissance et de l’ignorance (Payot-rivages, 1985)

Fête des Rois

La semaine dernière était celle de la traditionnelle fête des Rois avec galettes et couronnes. Pour l’équipe du Clos des Jardins elle a eu lieu exceptionnellement à la salle des Associations. Le déplacement inattendu[1] en a perdu une partie. Au Setti de Barba l’équipe était au grand complet, il a même manqué quelques parts de gâteau.

Merci à Michel et Carmela pour les photos.


[1] La décision a été prise à la demande de la mairie le matin même.

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

J’ai déjà dit ce que je pensais de la complexité de l’orthographe française.

Remettons une couche sur le sujet. Deux linguistes belges ont écrit une pièce pour rire de notre orthographe (les canadiens aussi sont parfois moqueurs). Le phonème S peut s’écrire de multiples manières en français.

Par exemple :

  • S dans Seau,
  • C et SS dans Cesser,
  • Ç dans maçon,
  • SC dans science,
  • T dans attention,
  • X dans dix,
  • TH dans forsithia,
  • Z dans Aztèque,
  • STH dans asthme,
  • CC dans succion,
  • SÇ dans acquieait,

Soit douze manières d’écrire le même son ! Tout cela est-il vraiment nécessaire ?

Je signale qu’on demande aux enfants des efforts importants pour apprendre toutes ces subtilités et que nous manquons toujours de bras à l’APESAF pour les aider à travailler sur ce sujet. Inscrivez-vous pour être bénévoles.

Nota : la phrase en titre est extraite d’Andromaque de Racine.

Nota 2 : les linguistes belges sont Jérôme Piron, et Arnaud Hoedt ; vous trouverez leurs nombreuses vidéos sur YouTube.

La dictée de Thierry

Depuis 10 ans, en moyenne deux fois par semaine pendant l’année scolaire, j’aide des enfants à faire leurs devoirs. La moitié du temps, pour les élèves de primaire, cela consiste à les aider à préparer la dictée. La maitresse leur a donné une liste de mots à apprendre. Je leur demande de les lire à haute voix, d’écrire au tableau ou sur une feuille de brouillon et de conjuguer un verbe s’il y en a un dans la liste.

C’est que l’orthographe française est difficile à apprendre, truffée de lettres qu’on ne prononce, de manières variées d’écrire ce qu’on prononce, de pièges qu’on ne peut déjouer qu’en apprenant les mots par cœur.

Prenons un exemple simple, celui de mon prénom. Je m’appelle Thierry en l’honneur de Thierry d’Argenlieu, un des premiers compagnons de la libération, un homme qui était Amiral de la Royale en temps de guerre, et Carme déchaussé en temps de paix. Mes parents étaient patriotes et on sortait de la guerre.

Lors que je rencontre des amis étrangers, leur première question est « comment t’appelle-tu ? »

« THIERRY »

Je sens bien que mon interlocuteur est perturbé. La diphtongue I-E est rare en français et il n’est pas sûr d’avoir bien entendu. Alors la question suivante est « Comment ça s’épelle ? ».  Et là cela se gâte : « T-H-I-E-R-RY »

Pourquoi un H muet ? Pourquoi deux « R » ? Pourquoi « Y » ? Le H ne sert à rien, les deux R ne se roulent pas spécialement, il n’y a pas besoin d’un Y qui s’utilise normalement à la place de deux « I » comme dans Joyeux, Moyen, ou Voyant. On écrirait Tieri, cela se prononcerait pareil.

Dans son article sur le décret de Villers-Cotterêts, publié dans l’Histoire Mondiale de la France[1], Patrick Boucheron nous explique que c’était un moyen qui avait été trouvé pour maintenir un écart entre ceux qui savaient écrire correctement le français et les autres. Un moyen de dégager une élite capable de comprendre pourquoi un mot doit se lire comme cela se prononce ou selon son étymologie. C’est ainsi que les mots d’origine grecque se virent ajouter un H comme dans théâtre, orthographe ou misanthrope. Cela aurait sans doute surpris Molière lui-même. La première édition de sa pièce de théâtre est titrée Misantrope (voir l’illustration en tête de cette chronique). L’orthographe à son époque n’était fixée comme aujourd’hui. Et cette explication ne vaut pas pour Thierry. C’est un prénom d’origine germanique et non grecque. Mais ajouter un H faisait plus chic pour un prénom de roi (Thierry 1er est le fils ainé de Clovis).

Heureusement pour nos chères têtes blondes et brune, le prénom de Thierry est passé de mode. La cote de Thierry d’Argenlieu a beaucoup baissé depuis qu’il a ordonné le bombardement d’Aïphong lançant sur de mauvaises bases la guerre d’Indochine et les guerres de décolonisation françaises. De même le feuilleton Thierry la fronde a beaucoup moins résisté sur nos écrans que Zorro.

Mais il reste encore plein de chausse-trappes pour les enfants. Pourquoi écrire pendant ? Pourquoi est-ce une faute d’écrire pandant, ou pendent, ou encore pandent, qui peuvent se prononcer de la même façon ? Nos amis canadiens se moquent de nous car eux prononcent différemment en et an.

Je ne prétends pas avoir les moyens de modifier l’orthographe. Mais, je signale qu’on demande aux enfants des efforts importants pour apprendre toutes ces subtilités et que nous manquons toujours de bras à l’APESAF pour les aider à travailler sur ce sujet. Inscrivez-vous pour être bénévole.


[1] Histoire Mondiale de la France (édition du Seuil ; 2017) ; ouvrage collectif sous la direction de Patrick Boucheron ; celui-ci a aussi rédigé l’article 1539 L’empire du français, article sur Villers-Cotteret.

Repas de fin d’année 2025 de l’APESAF

Le mardi 24 juin, les bénévoles de l’APESAF ont partagé le traditionnel repas de fin d’année à la Cantina. Après avoir cherché la nouvelle adresse du restaurant, tout le monde s’est retrouvé dans la salle climatisée.

Morceaux de pizza, assiette de charcuterie, encornet ou brochette de poulet, crème au chocolat. Le repas était copieux. Surtout les convives étaient de qualité, la table agréable. Nous nous sommes promis de nous retrouver l’an prochain après cet agréable moment passé ensemble.

Sur les photos, comme dans les deux précédentes chroniques chercher Noëlle.

Pour savoir quand nous retrouver, allez sur la page de bienvenue.

Mémoire de l’APES : suite

Les vacances de printemps sont finies. Il nous reste à finir l’année scolaire jusqu’aux vacances d’été. Cette période sera scandée par les dernières évaluations, les annonces de passage de classe et les examens du Brevet pour les plus grands.

Pour nous donner du courage, plongeons une nouvelle fois dans la mémoire de notre association. À la suite de la publication d’articles et de photos qui étaient gardées au SETTI de BARBA, notre président a cherché dans ses archives. Voici une deuxième série qui permet de diversifier les thèmes. Bien sûr on parle encore du recrutement des bénévoles, mais aussi, de la venue d’un magicien pour les trente ans de l’association, du renouvellement du président, d’une séance de cinéma au Luberon.

Et si vous ne nous connaissez pas, si l’avenir de nos enfants vous importe, n’hésitez pas à faire circuler cette chronique, pour essayer d’attirer de nouveaux bénévoles. Si vous avez besoin d’en savoir plus pour nous rejoindre, allez sur la page de bienvenue.

Mémoires de l’APES

L’APES existe depuis 1986. Elle fêtera ses 40 ans l’an prochain. Elle a régulièrement été suivie par le journal la Provence tout au long de son existence. Au SETTI, un PressBook a été conservé des articles depuis l’an 2000. Sur une idée de Claude Senard, vous trouverez ci-dessous ce PressBook regroupé en un diaporama.

Vous remarquerez que nous avons eu une thématique un peu obsessionnelle : trouver des bénévoles. Mais cela prouve, si nous en doutions, que la demande des enfants et des parents est toujours là, que l’aide aux devoirs est indispensable.

Pour intéresser la lecture, un petit jeu : combien de fois voyez-vous Noëlle Fajaux sur les photos ?

N’hésitez pas à faire circuler cette chronique, pour essayer d’attirer de nouveaux bénévoles. Si vous avez besoin d’en savoir plus allez sur la page de bienvenue.

Pour voir les articles cliquez sur le premier et faites défiler les images

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